Ce matin-là, tu le connais par cœur
7h42. Le manteau est enfilé.
Le sac est prêt, les clés sont dans ta main. Il s'accroche à ton cou. Ou pire : il ne pleure pas, il te regarde juste, avec ces yeux-là.
Tu souris. Tu dis « à ce soir mon cœur » d'une voix légère… pendant que ta gorge se noue.
La porte se referme. Derrière, tu l'entends pleurer. Ou tu crois l'entendre.
Dans la voiture, tu tiens jusqu'au premier feu rouge. Et puis ça déborde.
Au travail, ton corps est là, mais ta tête est restée là-bas. Tu regardes ton téléphone toutes les dix minutes. Pas de message de la crèche ou de la nounou… et tu ne sais même pas si c'est rassurant.
Le soir, une fois la maison endormie, cette petite voix revient : « Est-ce que je fais bien ? Est-ce que je suis une mauvaise mère de le laisser ? »
Tu n'es pas « trop sensible ». Tu es une maman qui aime. Et personne ne t'a jamais appris à partir.